Aidons les oiseaux à passer l'hiver dans nos jardins
Une dépense énergétique accrue par le froid
Les oiseaux sont des animaux homéothermes et doivent maintenir une température corporelle élevée, proche de 41 °C Andreasson et al., 2020). En hiver, leurs besoins énergétiques peuvent augmenter de 30 % ou plus. Les petites espèces, comme les mésanges, le troglodyte mignon ou le roitelet, sont particulièrement vulnérables en raison de leur petite taille et faible poids (autour de 10 à 20g). Les mésanges charbonnières et bleues, par exemple, consomment par temps froid 30Kcal/jours, soit environ 40 % de plus qu’en été, alors que leur déplacement est très réduit. Des oiseaux comme le rouge-gorge familier ou le troglodyte mignon, l’un des plus petits oiseaux d’Europe, sont donc très sensible aux longues nuits hivernales.
Comment nourrir les oiseaux de nos jardins ?
Globalement, les oiseaux savent se débrouiller pour se nourrir, mais notre impact sur l’environnement change quelque peu la donne, et il est utile en période froide d’aider un peu nos petits amis à plume. Les graines riches en lipides sont à privilégier : le tournesol noir non salé est l’aliment le plus efficace (4 à 6 graines représentent environ 20 Kcal), elle est très appréciée des mésanges charbonnières et bleues, des pinsons, des verdiers et des chardonnerets. Un mélange tournesol 70 % et maïs concassé 30 % est parfait pour les mésanges, rouges-gorges et troglodyte mignon. Les cacahuètes crues et non salées, concassées, ou les graines de Niger apportent également une forte valeur énergétique. Les fruits non traités coupés ou tombés et laissés sur les arbres, comme les pommes et poires, sont aussi une source importante et naturelle d’alimentation surtout en début et en fin d’hiver. Elles font le bonheur des espèces frugivores ou opportunistes, notamment le merle noir, la grive musicienne, mais aussi les petits passereaux comme le rouge-gorge. Les boules de graisse végétale (Attention : sans filet), sont particulièrement utiles par grand froid, il existe même des boules de graines d’insectes (voir la boutique de la LPO).
Attention ne jamais donner de pain (trop de glucides), des aliments salés, cuits ou transformés (additif toxique), car ils ne couvrent pas les besoins nutritionnels des oiseaux, ils augmentent leur besoin en eau et nuisissent à la santé des oiseaux (problèmes digestifs et occlusion, trouble métabolique). Il faut se souvenir qu’un passereau fait 10-20 g, et donc les concentrations de sel ou additifs peuvent rapidement être toxique.
Comment les nourrir ?
Vous pouvez réaliser de belles mangeoires en bois, La LPO et le groupe biodiversité de Templeuve en Transition organise régulièrement des ateliers. Mais dans l’urgence du froid qui s’installe, vous pouvez aussi utiliser une assiette ou un sous-pot à fleurs. Il faut placer les mangeoires dans des lieux dégagés et difficiles d’accès pour les chats (principal prédateur de nos petites bêtes à plume).
Quand commencer et finir de nourrir ?
Vous pouvez commencer lorsque la température baisse fortement, comme en ce moment. Il est aussi important d’arrêter au début du printemps (mi-mars) lorsque reviennent les insectes. Pour beaucoup de nos petits oiseaux, le retour à une alimentation naturel et diversifiée est importante pour la période de reproduction et de nourrissage des oisillons. Si vous laisser de la nourriture facile d’accès, ils sont comme nous, ils ont tendance à venir là où c’est le plus facile, mais au détriment de la qualité. Attention, il est important de maintenir le nourrissage toute la période froide (recommandation LPO)… Organiser vous avec vos voisins et voisines (en passant souhaiter la bonne année) pour mettre plusieurs lieux de nourrissage et assurer un relais en cas d’absence. Vous pouvez aussi faire des achats groupés de graines (voir le site de la LPO ou nous contacter).
L’eau, indispensable toute l’année
L’accès à l’eau est un problème vital pour les oiseaux en hiver. Les oiseaux on peu de réserve d’eau corporel, ils boivent régulièrement des petites quantités. Ils doivent aussi entretenir leur plumage pour leur permet d’emprisonner une couche d’air isolante, indispensable à la thermorégulation. Lorsque le gel dur plusieurs jours, il faut leur mettre à disposition d’un abreuvoir peu profond (une petite coupe peu profonde), régulièrement dégivré et nettoyé,
Attention au risque sanitaire
Les mésanges, moineaux et pinsons se regroupent souvent en grand nombre, ce qui favorise la transmission de maladies. Un nettoyage régulier des mangeoires et la multiplication des points de nourrissage sont donc essentiels pour limiter ces risques.
Un habitat protecteur contre le froid et le vent
Au-delà de la nourriture et de l’eau, les oiseaux recherchent des abris pour se protéger du vent et de l’humidité. Les haies denses, les buissons persistants et les arbres offrent des microclimats plus stables, très utilisés par des espèces discrètes comme l’accenteur mouchet, ou le troglodyte mignon, qui se déplace volontiers dans la végétation basse. Les nichoirs peuvent aussi être de bons refuges pour se protéger du vent.
En conclusion
En définitive, aider les oiseaux dans nos jardins en hiver consiste à répondre à leurs besoins biologiques fondamentaux : compenser l’augmentation des dépenses énergétiques, garantir l’accès à l’eau et préserver des habitats offrant abris et microclimats favorables.
Et surtout, ces points de nourrissage permettent, avec un peu de patience, d’observer les oiseaux et de rendre compte de la richesse de la biodiversité de nos jardins, c’est un premier pas nécessaire pour la protéger ensuite… Alors n’hésitez pas à prendre un peu de temps avec vos enfants pour partager ces petits moments de bonheur et d’émerveillements. C’est le plus beau des cadeaux à leur faire en ce temps de fête !